La BoF 500, et ce qu’une reconnaissance engage
Il y a des distinctions qui flattent. Et il y a celles qui engagent.
Le 2 octobre, The Business of Fashion a dévoilé la Class of 2026 de sa BoF 500, l’index des personnes qui façonnent l’industrie mondiale de la mode. J’en fais désormais partie. Je reçois cette place avec gratitude, et avec une forme de gravité.
Car je sais ce qu’elle salue vraiment. Non pas une trajectoire personnelle, mais une conviction : celle d’ELLE Afrique francophone, première édition continentale du réseau mondial ELLE, la seule dirigée par une femme africaine. Un titre pensé pour les lectrices francophones du continent, et bien au-delà.
Ma conviction tient en une phrase. L’Afrique n’est ni un marché ni une muse. Elle est une productrice de culture, de valeur et d’influence. En somme, de soft power. Et notre pouvoir ne tient pas seulement à ce que nous créons, mais à notre capacité à en être propriétaires et à en capter la valeur réelle.
Un corps qui a survécu trois fois m’a appris une chose : la force ne se prouve pas, elle se transmet. Entrer dans un cercle comme celui-ci, ce n’est pas monter d’un cran. C’est se voir confier une responsabilité, celle d’ouvrir la porte derrière soi.
Alors je ne reçois pas cette reconnaissance seule. Je la reçois au nom de toutes les femmes que ce titre rassemble, de mon équipe, de mes consœurs, et de celles qui, demain, s’assiéront à des tables où on ne les avait pas invitées à parler.
La lumière, lorsqu’elle vient d’Afrique, éclaire bien au-delà de ses frontières.
Merci à Imran Amed, à Robb Young et à Neve Trinder.
Frédérique Nanan